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Violence et intimidation

Leurs influences sur la persévérance scolaire et la réussite éducative

La violence et l’intimidation en milieu scolaire ont des effets majeurs sur la réussite éducative, tant pour les jeunes qui en sont victimes que chez ceux qui en sont responsables ou témoins. 

Ces expériences nuisent au climat scolaire, au sentiment de sécurité et à la capacité des élèves de s’engager pleinement dans leurs apprentissages. 

Des impacts documentés

Qu’ils soient victimes de violence, d’intimidation de comportements agressifs ou d’exposition à la violence, les jeunes peuvent présenter de multiples conséquences scolaires et psychosociales (1, 2, 3, 4)  : 

Jeunes victimes de violence ou d’intimidation 

Les jeunes victimes de violence ou d’intimidation présentent notamment :  

  • Une perception négative du milieu scolaire; 

  • Des stratégies d’évitement pour s’absenter de l’école; 

  • Une diminution de la motivation et de l’engagement scolaire; 

  • Des atteintes aux fonctions cognitives, telles que la mémoire, la concentration et la capacité d’abstraction; 

  • Des résultats scolaires plus faibles; 

  • Des difficultés scolaires et psychologiques importantes, impactant l’estime de soi, augmentant l’anxiété et le risque d’échec et de décrochage scolaire; 

  • Un risque plus élevé de développer des problèmes de comportements intériorisés (dépression, retrait social, dépendances), nuisant à l’adaptation sociale et scolaire.

Jeunes ayant des comportements agressifs 

Les jeunes ayant des comportements agressifs présentent plus souvent : 

  • Un risque accru d’échec et de décrochage scolaire; 

  • Des symptômes d’anxiété et de dépression; 

  • De l’isolement social et un rejet par les paires e pairs; 

  • Des retards scolaires et des difficultés d’apprentissage. 

Jeunes exposés  à la violence 

Les jeunes exposés à la violence, même sans en être directement victimes, peuvent : 

  • Se sentir moins en sécurité à l’école; 

  • Être plus à risque de dépression; 

  • Manifester des symptômes d’anxiété et de stress post-traumatique; 

  • Être plus susceptibles d’adopter eux-mêmes des comportements violents ou des difficultés d’adaptation. 

Un cercle qui fragilise les apprentissages  

Les élèves ayant de moins bons résultats scolaires sont plus à risque d’être victimes d’intimidation, et les victimes d’intimidation tendent à voir leurs résultats scolaires se détériorer, alimentant un cercle vicieux. 

Pour qu’un enseignement soit efficace, l’élève doit se sentir en sécurité, disposé à apprendre et à poser des questions sans crainte d’être jugé.

La peur du regard des autres ou des représailles peut freiner la participation en classe, nuire à la compréhension et compromettre la réussite scolaire. 

Chez les adolescentes et adolescents de la Montérégie

Violence vécue et adoption de comportements liés à la violence selon le genre, secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

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Violence vécue et adoption d’au moins un comportement lié à la violence selon le genre, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

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Violence vécue à l’école ou sur le trajet scolaire 

Près de 40 % des élèves du secondaire en Montérégie déclarent avoir subi au moins un geste de violence à l’école ou sur le chemin de l’école (insultes, menaces, agressions physiques ou sexuelles, intimidation, taxation, menaces liées à des gangs).

Entre 2010-2011 et 2022-2023, cette proportion demeure relativement stable (37,2 % → 39,5 %), mais des différences importantes selon le genre émergent. Chez les garçons, les taux demeurent presque inchangés; chez les filles, on observe une hausse marquée (+6,4 points).

En 2022-2023, parmi les jeunes ayant vécu de la violence à l’école ou sur le chemin de l’école, 21,8 % présentent un risque élevé de décrochage. Ce risque est un peu plus élevé chez les garçons (24,6 %) que chez les filles (18,5 %).

Comportement d'agressivité directe 

Près de 36 % des élèves du secondaire en Montérégie ont adopté des comportements d’agressivité directe (se battre ou attaquer physiquement, provoquer ou initier une bagarre, menacer, être cruel ou méchant envers les autres, frapper, mordre ou donner des coups de pied).

Cette proportion est stable depuis 2010-2011. On observe toutefois des différences significatives entre les genres : chez les garçons, la baisse est marquée (46,0 % → 39,6 %), alors que chez les filles, on observe une hausse (27,4 % → 31,6 %).

Parmi les jeunes ayant adopté des comportements agressifs directs, 20,8 % sont à risque élevé de décrochage.

Les garçons présentent un risque plus élevé (24,4 %) que les filles (17,5 %).  

Comportement d'agressivité indirecte 

Plus de 60 % des élèves du secondaire en Montérégie ont adopté au moins un comportement d’agression en l’absence physique de la victime (monter les autres contre quelqu’un, se lier d’amitié avec d’autres pour se venger, dire des méchancetés dans le dos, exclure quelqu’un du groupe et divulguer ses secrets).

Cette proportion est à la baisse depuis 2010-2011, particulièrement chez les filles, (74,7 % → 67,4 %), alors que les garçons restent relativement stables (56,5 % → 54,0 %). 

Le risque de décrochage est particulièrement préoccupant chez les jeunes ayant adopté des comportements agressifs indirects : 27,0 % de l’ensemble sont à risque (29,0 % des garçons et 24,4 % des filles).  

Conduites imprudentes ou rebelles 

Près de 28 % des élèves du secondaire en Montérégie ont adopté au moins un comportement représentant une transgression des règles ou une prise de risque, comme sortir toute une nuit sans permission, s’enfuir de la maison ou avoir été interrogé par la police au sujet d’un acte présumé.

Cette proportion est à la baisse depuis 2010-2011, passant de 37,6 % en 2010-2011 à 27,1 % en 2022-2023. Le recul est particulièrement marqué chez les garçons, (43,3 % → 27,2 %), alors que chez les filles, la baisse est plus modérée (31,7 % → 26,9 %). 

Chez les jeunes ayant adopté des conduites imprudentes ou rebelles, 31,8 % sont à risque élevé de décrochage — l’un des niveaux les plus élevés parmi les indicateurs liés à la violence. Le risque est légèrement plus élevé chez les garçons (34,6 %) que chez les filles (28,9 %). 

Conduites délinquantes 

Plus de 38 % des élèves du secondaire en Montérégie ont manifesté au moins une conduite délinquante (délits contre des biens, actes de violence envers les personnes, appartenance à un gang qui a enfreint la loi, vol à l’école ou dans un magasin, dégradation volontaire de biens appartenant à autrui).

Entre 2010-2011 et 2022-2023, les conduites délinquantes diminuent nettement chez les garçons (51,5 % → 40,9 %), mais augmentent légèrement chez les filles (31,7 % → 35,5 %). Globalement, la proportion totale passe de 41,8 % en 2010-2011 à 38,3 % en 2022-2023. 

Les conduites délinquantes s’accompagnent d’un risque élevé de décrochage pour 27,3 % des jeunes concernés. Ce risque atteint 30,1 % chez les garçons et 24,0 % chez les filles, ce qui correspond à une vulnérabilité scolaire importante.  

Violence, intimidation et risque suicidaire 

Certaines études montrent que les jeunes victimes ou responsables d’intimidation sont environ deux fois plus à risque de présenter des idées ou des comportements suicidaires que les jeunes non impliqués dans ces situations (5, 6)

Ces résultats soulignent la gravité des impacts possibles et l’importance d’une intervention précoce. 

Ce qu'il faut retenir

La violence et l’intimidation constituent des freins majeurs à la réussite éducative. Elles nuisent au sentiment de sécurité, à l’engagement scolaire et au bien-être des jeunes, tout en augmentant le risque de décrochage.  

Les données de la Montérégie montrent que certaines formes de violence — notamment l’agressivité indirecte et les conduites à risque — représentent des enjeux populationnels importants. Agir sur le climat scolaire, la prévention et le soutien des jeunes concernés est essentiel pour favoriser la persévérance et la réussite éducative. 

Sources

1. Gouvernement du Québec. (2010). La violence à l’école : Ça vaut le coup d’agir ensemble, 1(2). 

2. Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ). (2025). Les élèves victimes d’intimidation ont plus de difficulté à réussir à l’école

3. Naître et grandir. (2025). L’intimidation : comment la reconnaître et réagir

4. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). (2025). Trajectoires développementales, conséquences et risques associés à la violence et à l’intimidation à l’école

5. Hinduja, S., & Patchin, J. W. (2010). Bullying, cyberbullying, and suicide. Archives of Suicide Research, 14(3), 206–221. 

6. Holt, M. K., Vivolo-Kantor, A. M., Polanin, J. R., Holland, K. M., DeGue, S., Matjasko, J. L., Wolfe, M., & Reid, G. (2015). Bullying and suicidal ideation and behaviors: A meta-analysis. Pediatrics, 135(2), e496–e509. 

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