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Comment vont les jeunes?

Adolescence

Selon le Manuel MSD, l’adolescence est une période de transformation intense, où le cerveau connaît une maturation rapide, mais inégale. Cette phase marque le passage de l’enfance dépendante à l’autonomie progressive.

Les régions cérébrales liées au raisonnement logique, à la pensée abstraite, à la planification et au contrôle des impulsions poursuivent leur développement, tandis que les zones associées aux émotions deviennent particulièrement réactives. Ce décalage explique en grande partie les comportements parfois déroutants, la recherche d’identité, la sensibilité accrue au regard des autres et la propension aux réactions émotionnelles intenses. 

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Développement du cerveau lors de l'adolescence

 

Raisonnement logique, pensée abstraite, planification, contrôle des impulsions, circuits émotionnels.

Au fil de ces changements neurologiques, les adolescentes et adolescents développent de nouvelles capacités cognitives : ils abordent des apprentissages plus complexes, commencent à réfléchir à l’avenir et à remettre en question les normes sociales ou morales. Parallèlement, la maturation des circuits émotionnels influence leur gestion du stress, leurs relations et leur bien-être. 

Comprendre ces processus cérébraux permet d’accompagner ces jeunes avec justesse — que ce soit dans leur vie scolaire, affective ou sociale — et de mieux repérer les situations nécessitant un soutien supplémentaire. 

Cette période est aussi accompagnée de transitions importantes chez les jeunes : 
 

  • Transition du primaire au secondaire; 

  • Transition vers la puberté;

  • Transition vers le marché du travail, la formation professionnelle, la formation générale des adultes ou les études supérieures .

Le cerveau adolescent en développement est fortement influencé par son environnement :

  • Un encadrement parental chaleureux et cohérent soutient la régulation émotionnelle et le jugement;

  • Des règles claires et des limites stables aident à modérer les prises de risque naturelles de l’adolescence;

  • Les contextex scolaire et social façonnent la motivation, la concentration et la réussite;

  • L’identité et les compétences personnelles et sociales se construisent à partir des relations et des expériences vécues. 

Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS)

L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS) est une enquête de très grande envergure, menée dans les écoles secondaires de 16 régions sociosanitaires, qui permet de fournir des données fiables et représentatives sur un vaste éventail de thématiques relatives à la santé des jeunes et à ses déterminants.    

Nous vous présentons ci-après les données de l’EQSJS liées à la santé et au bien-être, pour les jeunes de la Montérégie. Pour certains des aspects observés, l’Enquête présente le croisement avec le risque élevé de décrochage scolaire. Lorsque disponibles, ces données seront présentées. 

Activités physiques de loisir et de transport

L’activité physique de loisir est la pratique globale d’une activité effectuée par les élèves durant les temps libres tout au long de l’année scolaire : 

  • À la maison, à l’école ou ailleurs;  

  • Contexte organisé, avec du personnel d'entraînement OU contexte non organisé.

 

L’activité physique de transport fait référence aux modes de transport actifs habituellement utilisés par les élèves durant l’année scolaire, comme la marche, la bicyclette, les patins à roues alignées ou tout autre moyen actif pour se rendre à l’école, au travail, chez des amies et amis ou ailleurs.

Le niveau d’activité physique est calculé à partir des réponses données par les jeunes à plusieurs questions sur la pratique d’activités physiques durant l’année scolaire. Basée sur la fréquence, la durée et l’intensité, l’analyse permet un classement dans l’un des cinq niveaux d’activité physique suivants :

Classification effectuée à l’aide de la méthode de calcul et d’attribution du niveau d’activité physique de Bertrand Nolin, (Nolin 2018). Les trois critères (intensité, fréquence et IDE) doivent être respectés pour établir un classement à un niveau donné. 

1 MET = assis ou au repos 

3 MET = marche, yoga 

4 MET = utilisation des transports actifs 

11 MET = escalade 

MET = équivalent métabolique 

Exemple :  

Utilisation des transports actifs (4 MET)  
5 jours/sem., de 40 à 59 min./jour (0,83 h/jour)

Calcul :   

fréquence x durée x intensité 
5 jours/sem., x 0,83 h/jour x 4 MET =  
16,6 kcal/kg/sem. (IDE) = moyennement actif 

IDE = indice de dépense énergétique 

Évolution du niveau d'activité

Entre 2016-2017 et 2022-2023, la proportion de jeunes « actifs » demeure stable, passant de 30,6 % à 28,8 % dans l'ensemble, une différence non significative sur le plan statistique. Les jeunes « moyennement actifs » reculent légèrement, particulièrement chez les filles (23,8 % → 19,3 %). En parallèle, la catégorie « un peu, très peu ou pas actifs » augmente, passant de 46,9 % à 51,0 % pour l’ensemble des élèves, et atteignant 58,8 % chez les filles — soit près de 6 filles sur 10.  

 

Ce portrait révèle une tendance à la baisse du niveau d’activité physique, plus marqué chez les filles, et révèle que la majorité des élèves sont désormais très peu ou pas actifs. 

Niveau d’activité physique de loisir et de transport durant l’année scolaire selon le genre, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023 

METTRE GRAPHIQUE ICI

Lien entre le niveau d'activité physique et le risque de décrochage

En 2022-2023, le niveau d’activité physique est fortement associé au risque élevé de décrochage, avec des tendances claires selon l’intensité de l’activité.

Parmi les jeunes actifs, le risque de décrochage demeure relativement bas : 14,4 % pour l’ensemble, et légèrement plus élevé chez les garçons (17,0 %); les données ne sont pas disponibles pour les filles. Les jeunes moyennement actifs présentent un risque similaire (autour de 14,6 %).  

C’est toutefois dans la catégorie « un peu, très peu ou pas actifs » que le risque devient nettement plus préoccupant : 22,7 % de ces jeunes sont à risque élevé de décrocher, un taux qui grimpe à 24,9 % chez les garçons et demeure élevé chez les filles (20,8 %). Comme cette catégorie regroupe désormais la majorité des élèves — notamment 58,8 % des filles et 43,7 % des garçons — le très grand nombre de jeunes inactifs fait en sorte que ce groupe représente une part importante des élèves vulnérables au décrochage. 

Niveau d’activité physique de loisir et de transport durant l’année scolaire selon le genre, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

Alimentation

Consommation quotidienne de fruits ou de légumes

La consommation quotidienne de 5 portions ou plus de fruits ou de légumes est basée sur des énoncés portant sur la consommation hebdomadaire de fruits et légumes et leurs portions.

Consommation quotidienne de 5 portions ou plus de fruits ou de légumes selon le genre, secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

Entre 2010-2011 et 2022-2023, la consommation quotidienne de 5 portions ou plus de fruits ou de légumes est en baisse constante chez les élèves du secondaire en Montérégie. La proportion d’élèves atteignant cette recommandation passe de 31,7 % en 2010-2011 à 27,7 % en 2016-2017, puis à 25,0 % en 2022-2023.

Cette diminution touche les deux genres : les garçons passent de 30,3 % à 27,3 %, tandis que les filles chutent davantage, de 33,2 % à 22,6 %.

Ainsi, bien que les filles étaient historiquement plus nombreuses à consommer suffisamment de fruits ou de légumes, elles affichent aujourd’hui la plus forte baisse, ce qui réduit l’écart entre les genres et met en évidence une détérioration globale des habitudes alimentaires des jeunes. 

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METTRE GRAPHIQUE ICI

La prise du déjeuner consiste à la consommation de boissons (excluant le café, le thé et l’eau) ou d’aliments (incluant le déjeuner) le matin avant de commencer les cours. 

Prise du déjeuner

Fréquence de consommation d’aliments ou de boissons le matin avant les cours (déjeuner) selon le genre, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023 

Entre 2010-2011 et 2022-2023, on observe une détérioration notable des habitudes liées au déjeuner chez les élèves du secondaire en Montérégie. La proportion de jeunes qui ne déjeunent pas du tout avant les cours a presque triplé, passant de 10,9 % à 27,3 %, une hausse particulièrement marquée chez les filles, qui atteignent désormais 33,0 % (+19,6 points).

 

Parallèlement, la proportion de jeunes qui déjeunent seulement 1 ou 2 jours par semaine a augmenté, atteignant 18,0 % en 2022-2023, avec une hausse plus forte chez les filles (20,3 %).  À l’inverse, la proportion de jeunes qui déjeunent tous les jours d’école diminue fortement, passant de 63,3 % à 47,7 % (-15,6 points).  

Même si les filles demeurent légèrement plus nombreuses que les garçons à déjeuner quotidiennement (53,3 % vs 44,2 % en 2022-2023), elles sont aussi celles qui enregistrent la plus forte progression des absences de déjeuner.  

Globalement, le portrait révèle une baisse marquée de la régularité du déjeuner, un enjeu d’autant plus préoccupant qu’il touche une large proportion d'élèves, particulièrement les filles. 

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Environnement social

Le soutien social fait référence au fait d’avoir une personne : 

  • Qui se montre bienveillante envers les jeunes (c’est-à-dire une personne sur qui compter pour recevoir des soins, de l’attention, qui démontre de l’intérêt, qui écoute, qui fournit de l’aide); 

  • Qui a des attentes élevées envers eux (c’est-à-dire qui valorise leurs efforts, croit en eux, leur sert de guide et les valide). 

L’EQSJS 2022-2023 aborde l’environnement social des élèves par l’entremise de la famille, des amies et amis, de l’école et de la communauté. 

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Niveau faible ou moyen de soutien ou d’encadrement, selon le type de soutien ou encadrement, secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

Niveau faible ou moyen de soutien ou d’encadrement, selon le type de soutien ou encadrement, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

Les types de soutien ou d'encadrement

Soutien social dans la famille

Mesure la perception de l’élève en ce qui a trait à la qualité de ses relations avec ses parents ou un autre adulte au domicile (intérêt, communication, écoute, encadrement, attentes élevées, confiance, affection). 

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Évolution du soutien familial

Le niveau faible ou moyen de soutien familial demeure relativement stable entre 2010-2011 et 2022-2023, passant de 26,0 % en 2010-2011 à 27,5 % en 2022-2023 (une différence non significative sur le plan statistique). Des variations sont cependant observables selon le genre. Les garçons présentent une baisse significative (27,2 % → 23,2 %), tandis que les filles affichent une hausse notable (24,7 % → 32,2 %).

Ces données révèlent un accroissement plus marqué des difficultés de soutien familial perçu chez les filles au fil du temps. 

Lien entre le niveau de soutien familial et le risque de décrochage

Parmi les 27,5 % de jeunes qui rapportent un soutien familial faible ou moyen, 30,5 % sont à risque élevé de décrochage. Ce risque touche davantage les garçons (36,6 %) que les filles (25,6 %), même si les filles sont proportionnellement plus nombreuses à rapporter un soutien familial insuffisant.

Cela suggère que, lorsqu’un manque de soutien familial est présent, les garçons semblent plus vulnérables au décrochage que les filles. 

Santé mentale et troubles mentaux

La santé mentale consiste en un état de bien-être qui permet d’atteindre son potentiel, de faire face au stress de la vie, de bien apprendre et de bien travailler, et d’apporter une contribution à la vie communautaire.

Les troubles mentaux représentent une constellation de symptômes diagnostiques caractérisés par une altération cliniquement significative des cognitions, des émotions ou des comportements d’une personne, souvent associés à une détresse ou à une perturbation du fonctionnement dans des sphères importantes de sa vie. 

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L'indice de santé mentale positive mesure le bien-être émotionnel

(émotions positives, satisfaction et intérêt à l’égard de la vie), et le bien-être fonctionnel (social et psychologique) de l’élève. 

Santé mentale

Évolution de la santé mentale

Entre 2016-2017 et 2022-2023, on observe une baisse marquée de la santé mentale florissante chez les élèves du secondaire en Montérégie, passant de 49,5 % à 36,3 % (-13,2 points). Cette diminution est particulièrement importante chez les filles, où la proportion chute de 43,7 % à 28,0 % (-15,7 points), alors qu’elle est moins prononcée chez les garçons (55,0 % → 43,9 %).

Niveau de santé mentale positive selon le genre, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023 

Parallèlement, la proportion de jeunes ayant une santé mentale modérément bonne augmente légèrement chez l’ensemble des élèves (45,0 % → 51,1 %).

La santé mentale languissante, quant à elle, connaît la plus forte progression, passant de 5,5 % à 12,7 % (+7,2 points). Cette hausse touche tout particulièrement les filles, dont la proportion augmente de 9,6 points (7,2 % → 16,8 %), alors que celle des garçons augmente aussi, mais de façon moins marquée (4,0 % → 8,8 %).

Ces résultats montrent un glissement préoccupant vers des niveaux plus faibles de bien-être psychologique, surtout chez les filles, qui apparaissent nettement plus affectées par la détérioration de la santé mentale positive. 

Lien entre la santé mentale et le risque de décrochage

En 2022-2023, le niveau de santé mentale est fortement lié au risque élevé de décrochage, avec des écarts marqués selon les catégories et selon le genre.

Parmi les jeunes ayant une santé mentale florissante, seulement 11,3 % sont à risque de décrochage élevé, avec un taux plus élevé chez les garçons (13,0 %) que chez les filles (8,4 %).  

Niveau de santé mentale positive selon le genre, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023 

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Le risque augmente de façon notable chez les jeunes ayant une santé mentale modérément bonne, où 19,5 % sont à risque élevé, dont 25,0 % des garçons et 14,5 % des filles. Même si ces taux sont plus faibles que dans la catégorie languissante, cette situation demeure particulièrement préoccupante puisqu'une majorité des jeunes se retrouvent dans ce niveau intermédiaire, ce qui en fait un enjeu important à l’échelle populationnelle.

Le risque atteint son sommet chez les jeunes ayant une santé mentale languissante, où 31,7 % sont à risque (dont 32,5 % des garçons et 31,3 % des filles).

L’ensemble du portrait souligne une relation très forte entre bien-être psychologique et risque de décrochage, et met en évidence que les garçons semblent plus vulnérables lorsque la santé mentale est modérément bonne, tandis que les deux genres sont fortement touchés lorsqu’elle devient languissante. 

Les troubles anxieux, la dépression et les troubles des conduites alimentaires sont mesurés en demandant à l’élève s’il présente, oui ou non, l’un ou l’autre de ces problèmes de santé, confirmé par un professionnel de la santé

(une question par trouble).

Diagnostic de trouble anxieux, dépression et troubles des conduites alimentaires 

Présence d'au moins un diagnostic de trouble anxieux, de dépression ou de trouble des conduites alimentaires selon le genre, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023

Évolution des diagnostics

Entre 2016-2017 et 2022-2023, la présence d’au moins un diagnostic de trouble anxieux, de dépression ou de trouble des conduites alimentaires est en augmentation chez les élèves du secondaire en Montérégie, passant de 20,9 % à 25,0 % (+4,1 points).  

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Cette progression touche particulièrement les filles, dont la proportion diagnostiquée augmente fortement, passant de 26,6 % à 35,0 % (+8,4 points). À l’inverse, la situation demeure stable chez les garçons (15,5 % → 15,0 %). L’évolution met ainsi en évidence un élargissement de l’écart entre les genres, les filles étant de plus en plus nombreuses, en proportion, à vivre avec au moins un trouble diagnostiqué, tandis que les garçons ne connaissent pas la même hausse.

Ce portrait souligne un alourdissement notable de la détresse psychologique diagnostiquée, particulièrement marqué chez les filles. 

Lien entre la présence d'un diagnostic et le risque de décrochage

Parmi les jeunes ayant au moins un diagnostic en 2022-2023, le risque élevé de décrochage touche 26,7 % de l’ensemble (32,8 % des garçons et 24,2 % des filles). Cela met en évidence un paradoxe important : même si les filles sont proportionnellement moins nombreuses que les garçons à présenter un risque individuel élevé de décrocher lorsqu’un diagnostic est présent, le fait qu’un très grand nombre de filles soient concernées par au moins un trouble diagnostiqué rend la situation tout aussi préoccupante à l’échelle populationnelle. 

Le portrait global révèle ainsi une double vulnérabilité, mais différenciée : une hausse marquée des diagnostics chez les filles, et un risque élevé de décrochage beaucoup plus marqué chez les garçons lorsqu’un diagnostic est présent. 

Détresse psychologique

La mesure de détresse psychologique est basée sur 14 questions qui déterminent la fréquence des symptômes liés à la dépression, à l’anxiété,

à l’irritabilité et aux problèmes cognitifs, tels la nervosité, la solitude,

la tristesse, le découragement, la colère. 

Détresse psychologique

Niveau de détresse psychologique selon le genre,  
secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

Évolution du niveau de détresse psychologique

Entre 2010-2011 et 2022-2023, on observe une hausse importante du niveau élevé de détresse psychologique chez les élèves du secondaire en Montérégie, passant de 22,1 % à 42,2 % (+20,1 points).  

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Cette progression est particulièrement marquée chez les filles, dont la proportion à détresse élevée augmente de 28,8 % à 60,6 % (+31,8 points), ce qui représente plus du double. Chez les garçons, la hausse est plus modérée, passant de 15,7 % à 25,4 % (+9,7 points), mais demeure tout de même significative.

Parallèlement, la proportion de jeunes présentant une détresse psychologique faible ou moyenne diminue au fil des années, passant de 77,9 % à 57,8 % chez l’ensemble des élèves.

La détresse psychologique élevée touche désormais près d’un jeune sur deux, et plus de six filles sur dix.

Évolution du niveau de détresse psychologique

En 2022-2023, le niveau de détresse psychologique est fortement associé au risque élevé de décrochage, avec des écarts nettement marqués selon l’intensité de la détresse et selon le genre.

Niveau de détresse psychologique selon le genre,  secondaire, Montérégie, 2022-2023

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Parmi les jeunes présentant un niveau élevé de détresse psychologique, 24,0 % sont à risque élevé de décrocher, mais cette proportion varie fortement entre les garçons (30,5 %) et les filles (21,0 %). Chez les jeunes dont la détresse est faible ou moyenne, le risque diminue nettement, mais demeure présent : 14,7 % de l’ensemble des jeunes sont à risque, incluant 17,7 % des garçons et 8,4 % des filles.  

Ce portrait révèle plusieurs éléments importants : d’une part, les garçons sont systématiquement plus à risque de décrochage que les filles pour un même niveau de détresse; d’autre part, la proportion extrêmement élevée de jeunes se trouvant en détresse élevée (42,2 % au total), et particulièrement de filles (60,6 %), fait en sorte que même avec un risque individuel plus faible, les filles demeurent proportionnellement très nombreuses à être exposées au risque.  

L’Enquête sur la santé psychologique des 12 à 25 ans menée en 2022 dans différentes régions du Québec (dont la Montérégie) démontre des constats semblables à ceux observés dans l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS) : 

  • On y constate que la santé psychologique des jeunes de 12 à 25 ans s’est peu améliorée depuis 2021 et qu’à partir de l’âge de 16 ans, ce sont au moins 50 % des jeunes qui présentent des symptômes d’anxiété ou de dépression modérés à sévères.  Cette tendance se stabilise à l’âge de 20-25 ans;

  • L’Enquête fait état d’un jeune de 12-25 ans sur quatre ayant pensé qu’il serait mieux mort ou ayant pensé à se faire du mal au cours des deux semaines précédant l'Enquête. Ce fait est à la hausse au secondaire et au cégep. 

Cette Enquête démontre également des constats préoccupants pour les jeunes ne s’identifiant ni comme une fille ni comme un garçon. Il est possible de constater que ces jeunes font donc face à des défis supplémentaires à l’égard de la santé mentale : 

  • En étant davantage sujets à rapporter une moins bonne santé mentale;

  • En présentent beaucoup plus souvent des symptômes d’anxiété ou de dépression. 

Sommeil

Durant l’adolescence, le sommeil est un élément essentiel au développement physique et psychologique des jeunes. Cette période de la vie est associée à plusieurs changements neurobiologiques, et un sommeil adéquat aide les jeunes à s’adapter plus facilement à ces transformations. Bien dormir a aussi un effet positif sur les capacités d’apprentissage des jeunes, ce qui facilite leur cheminement scolaire. 

 

Nombre d'heures de sommeil recommandé

  • 13 ans et moins : Entre 9 et 11 heures la nuit

  • Entre 14 et 17 ans : Entre 8 et 10 heures la nuit

  • 18 ans et plus : Entre 7 et 9 heures la nuit

Durant la semaine d'école

 Respect du nombre d’heures de sommeil selon le genre, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023 

Évolution du respect des heures de sommeil recommandées

Entre 2016-2017 et 2022-2023, on observe une baisse importante du respect du nombre d’heures de sommeil recommandé durant la semaine d’école chez les élèves du secondaire en Montérégie. La proportion de jeunes respectant les recommandations passe de 64,1 % à 48,9 % (-15,2 points).

Cette diminution est particulièrement marquée chez les filles, qui chutent de 64,1 % à 44,3 % (-19,8 points), alors que les garçons connaissent une baisse moins prononcée (64,0 % → 53,2 %, -10,8 points).

Parallèlement, la proportion de jeunes dormant moins que recommandé augmente nettement, passant de 32,9 % à 48,6 % (+15,7 points), et cette tendance touche davantage les filles (32,8 % → 53,6 %, +20,8 points) que les garçons (33,1 % → 43,9 %, +10,8 points). La proportion de jeunes dormant plus que recommandé demeure marginale et stable (autour de 3 %).

Ce portrait met en évidence une détérioration notable des habitudes de sommeil en semaine, particulièrement chez les filles, qui sont maintenant plus d’une sur deux à ne pas atteindre le nombre d’heures recommandé. 

 Respect du nombre d’heures de sommeil selon le genre, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

​​Lien entre le niveau de soutien familial et le risque de décrochage

En 2022-2023, chez les jeunes qui dorment suffisamment, le risque élevé de décrochage demeure relativement faible (14,8 %), légèrement plus élevé chez les garçons (16,9 %) que chez les filles (12,2 %).

Le risque augmente de façon notable chez les jeunes qui dorment moins que recommandé, où 21,4 % de l’ensemble se trouvent à risque, 25,0 % des garçons et 18,2 % des filles. Cette catégorie représente un enjeu majeur, puisque près de la moitié des élèves — et plus de 53 % des filles — dorment insuffisamment, ce qui amplifie la vulnérabilité populationnelle. Les jeunes qui dorment plus que recommandé affichent aussi un risque relativement élevé (21,7 %), mais ce groupe demeure très restreint (autour de 2–3 % des élèves).

Globalement, le manque de sommeil apparaît comme un facteur de risque significatif de décrochage, particulièrement chez les garçons, et son ampleur élevée chez les filles rend ce phénomène préoccupant à l’échelle populationnelle.

Durant la fin de semaine

 Respect du nombre d’heures de sommeil selon le genre, fin de semaine, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023 

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Évolution du respect des heures de sommeil recommandées

Entre 2016-2017 et 2022-2023, la proportion de jeunes respectant les recommandations de sommeil la fin de semaine reste stable, passant de 55,1 % à 57,7 %, une différence non significative sur le plan statistique, tant pour le total de jeunes que pour les garçons et les filles.

Toutefois, la proportion de jeunes qui dorment moins que recommandé la fin de semaine est en hausse, passant de 16,0 % à 23,1 % (+7,1 points), particulièrement chez les filles (13,2 % → 23,6 %, +10,4 points), ce qui indique une augmentation des nuits trop courtes même les jours sans école.

Parallèlement, la proportion de jeunes dormant plus que recommandé diminue fortement, passant de 28,9 % à 19,3 % (-9,6 points), une baisse particulièrement marquée chez les filles (32,0 % → 20,0 %, -12,0 points).

Ce portrait révèle un glissement vers des nuits plus courtes la fin de semaine, surtout chez les filles. 

 Respect du nombre d’heures de sommeil selon le genre, fin de semaine, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

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​​Lien entre le niveau de soutien familial et le risque de décrochage

En 2022-2023, les jeunes qui respectent les recommandations de sommeil la fin de semaine présentent un pourcentage relativement faible de risque de décrochage (15,5 %), légèrement plus élevé chez les garçons (18,5 %) que chez les filles (12,1 %).

Le risque augmente de façon notable chez les jeunes qui dorment moins que recommandé, où 24,4 % de l’ensemble sont à risque (28,1 % des garçons et 20,9 % des filles). Ce groupe est particulièrement préoccupant, car la proportion de jeunes dormant insuffisamment la fin de semaine a augmenté au fil du temps — notamment chez les filles, qui sont désormais près d’une sur quatre dans cette situation.

Les jeunes qui dorment plus que recommandé affichent eux aussi un risque non négligeable (17,2 %), avec une variation modérée entre les genres (16,3 % chez les garçons; 18,0 % chez les filles). Comme les catégories « moins »

et « plus » regroupent ensemble près de 43 % des élèves, même avec un risque individuel variable, elles représentent un enjeu important à l’échelle populationnelle, surtout pour les jeunes qui dorment insuffisamment. 

Estime de soi et compétences personnelles

L’estime de soi fait référence à la perception qu’a un individu de sa propre valeur, alors que les compétences personnelles et sociales sont les forces internes d’une personne et sa capacité de résilience, ses qualités et caractéristiques individuelles positives (habiletés, attitudes, croyances et valeurs). 

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Niveau faible ou moyen d’estime de soi et de différentes compétences personnelles, secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

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Autocontrôle

La mesure de l’autocontrôle est basée sur quatre énoncés portant sur le fait de dire des choses ou de poser des actions déplacées, même en ayant conscience des retombées négatives possibles. 

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Évolution de l'autocontrôle

Le niveau faible ou moyen d’autocontrôle demeure assez stable entre 2010-2011 et 2022-2023 en Montérégie. Les proportions varient peu chez l’ensemble des élèves (85,8 % → 86,9 %), de même que chez les garçons (86,8 % → 86,5 %) et les filles (84,6 % → 85,2 %).

Cette stabilité suggère que, contrairement à d’autres compétences personnelles, l’autocontrôle ne s’est ni amélioré ni détérioré de manière notable au fil du temps. 

Lien entre l'autocontrôle et le risque de décrochage

Parmi les jeunes ayant un niveau faible ou moyen d’autocontrôle, 19,6 % sont à risque élevé de décrochage en 2022-2023. Le risque est plus élevé chez les garçons (21,4 %) que chez les filles (17,4 %). Même si ces pourcentages peuvent sembler relativement modestes si on les compare aux autres compétences personnelles, l’autocontrôle est une compétence où les niveaux faibles ou moyens sont très répandus — touchant entre 85 % et 89 % des élèves selon le genre.

Cela signifie que, même avec un risque individuel plus faible, l’impact demeure important à l’échelle populationnelle, car une grande proportion de jeunes se retrouvent potentiellement exposés au décrochage lorsque leur autocontrôle est limité. 

Niveau faible ou moyen d’estime de soi et de différentes compétences personnelles, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

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Temps d'écran

Indicateur mesurant la durée quotidienne moyenne que les jeunes consacrent à des activités de communication et de loisirs sur écran, en semaine et durant la fin de semaine.

 

Nous retenons deux catégories : moins de 4 heures et

4 heures ou plus par jour, permettant d’identifier les jeunes dont le temps d’écran est élevé durant l’ensemble de la semaine. 

Utilisation des écrans par les jeunes :

  • Les jeunes utilisent les appareils numériques (téléphone intelligent, tablette, ordinateur, etc.) pour communiquer avec leurs amies et amis ou leur famille;

  • Une grande partie de leurs activités de loisirs comportent l’utilisation d’écrans (par exemple regarder un film, jouer à des jeux vidéo, commenter ou publier des photos sur les réseaux sociaux);

  • En outre, les écrans sont de plus en plus utilisés en milieu scolaire, ce qui augmente le temps que les jeunes y consacrent et accroît davantage leur exposition dans leurs différents milieux de vie, et ce, dès un jeune âge. 

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Temps passé par jour devant un écran pour les communications et les loisirs selon le genre, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

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En 2022-2023, la majorité des élèves du secondaire en Montérégie passent moins de 4 heures par jour devant un écran pour des activités de communications ou de loisirs, soit 73,9 % de l’ensemble des jeunes. Les garçons sont plus nombreux, en proportion, dans cette catégorie (76,4 %), que les filles (71,3 %).

À l’inverse, environ 26,1 % des élèves utilisent les écrans 4 heures ou plus par jour à des fins récréatives ou sociales. Cette proportion est plus élevée chez les filles (28,7 %) que chez les garçons (23,6 %), indiquant qu’en proportion, les filles sont davantage exposées à un temps d’écran élevé dans le cadre de communications et de loisirs numériques. 

​​Lien entre le temps d'écran et le risque de décrochage

Le risque élevé de décrochage varie nettement selon le temps passé devant un écran pour les loisirs et les communications. 

Parmi les jeunes qui utilisent les écrans moins de 4 heures par jour, 14,8 % sont à risque élevé de décrocher, un risque plus important chez les garçons (16,8 %) que chez les filles (12,5 %). Ce risque augmente fortement chez les élèves passant 4 heures ou plus devant un écran : 26,3 % sont à risque élevé (30,8 % des garçons et 22,4 % des filles).

Le temps d’écran prolongé est donc associé à une hausse marquée du risque de décrochage, surtout chez les garçons. Toutefois, comme les filles sont proportionnellement plus nombreuses à avoir un temps d’écran élevé, l'enjeu demeure important à l’échelle populationnelle pour les deux genres. 

Violence

Il importe de s’attarder aux différents types de violence vécus par les jeunes (selon le milieu ou le contexte où celle-ci se produit), ainsi qu’aux diverses formes qu’elle peut prendre.

 

Il faut également tenir compte des différents rôles dans lesquels les jeunes peuvent se trouver (victime, agresseur ou agresseuse, témoin, ou une combinaison de ces rôles) et s’intéresser à la concomitance ou au cumul d’expériences de violence vécues par certains jeunes. 

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Violence vécue et adoption de comportements liés à la violence selon le genre, secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

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Violence vécue à l'école ou sur le chemin de l'école 

Jeunes ayant déclaré avoir subi, depuis le début de l’année scolaire, au moins un geste de violence à l’école ou sur le chemin de l’école, comme des insultes, menaces, agressions physiques ou sexuelles, taxation, incitation à des actes illégaux ou menaces liées à des gangs. 

Évolution de la violence vécue à l'école

Entre 2010-2011 et 2022-2023, la proportion de jeunes ayant vécu de la violence à l’école ou sur le chemin de l’école demeure relativement stable, passant de 37,2 % à 39,5 %. Cette stabilité masque toutefois des différences de genre : chez les garçons, les taux restent presque inchangés (42,8 % → 41,1 %), alors que chez les filles, on observe une hausse notable, passant de 31,4 % à 37,8 % (+6,4 points).

Les filles sont donc proportionnellement plus nombreuses qu’auparavant à rapporter des situations de violence vécue à l’école ou sur le trajet scolaire. 

Lien entre la violence vécue à l'école et le risque de décrochage

En 2022-2023, parmi les jeunes ayant vécu de la violence à l’école ou sur le chemin de l’école, 21,8 % présentent un risque élevé de décrochage. Ce risque est un peu plus élevé chez les garçons (24,6 %) que chez les filles (18,5 %).

Puisque près de 40 % des élèves ont vécu ce type de violence, ce risque individuel modéré se traduit néanmoins par un enjeu populationnel important, touchant un grand nombre de jeunes — surtout des filles, dont la proportion exposée à la violence a augmenté au fil des années. 

Violence vécue et adoption d’au moins un comportement lié à la violence selon le genre, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

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