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Sommeil

Son influence sur la persévérance scolaire et la réussite éducative

Le sommeil est indispensable au développement mental, émotionnel et physique des enfants et des jeunes (1)

Il influence directement la régulation des émotions et des comportements, les fonctions cognitives et la persévérance scolaire. 

Dès la petite enfance, le sommeil — incluant la sieste chez les plus jeunes — joue un rôle central dans le développement cérébral et la capacité d’apprentissage (1). 

Un sommeil suffisant et de bonne qualité contribue à : 

  • Une meilleure concentration; 

  • Une mémoire plus efficace; 

  • Le développement de différentes habiletés cognitives; 

  • Des comportements plus adaptés en milieu scolaire; 

  • La motivation scolaire;  

  • Une performance académique accrue (2).

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Sommeil, attention et engagement scolaire

Lorsque la fatigue s’installe, elle affecte la capacité à se concentrer, à assimiler de nouvelles informations et à maintenir l’effort dans le temps, ce qui peut fragiliser l’engagement scolaire. 

De nombreuses recherches montrent qu’un temps de sommeil insuffisant ou une mauvaise qualité de sommeil sont associés à : 

  • Une humeur maussade ou instable; 

  • Des résultats scolaires plus faibles (3, 4)

  • Un risque accru d’échec scolaire (5, 6)

Au secondaire

Une revue récente de la littérature (7) souligne qu’un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité chez les adolescentes et adolescents est associé à : 

  • Une baisse de l’attention et de la vigilance; 

  • Des difficultés de régulation émotionnelle; 

  • Une augmentation de l’irritabilité et de la démotivation scolaire; 

  • Une diminution de l’engagement scolaire, indépendamment des capacités cognitives de base.

Ces effets cumulatifs peuvent fragiliser le parcours scolaire, particulièrement chez les jeunes exposés à d’autres facteurs de vulnérabilité, comme le stress, l’anxiété ou une surcharge académique. 

Selon les données de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), en Montérégie, les jeunes du secondaire qui dorment moins que le nombre d’heures de sommeil recommandé, tant durant la semaine d’école que la fin de semaine, sont proportionnellement plus nombreux à présenter un indice de risque de décrochage scolaire élevé (EQSJS).

Au secondaire, en Montérégie : 

  • 48,6 % des jeunes dorment moins que le nombre d’heures recommandé durant la semaine d’école; 

  • 23,1 % dorment moins que le nombre recommandé la fin de semaine. 

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Nombre d'heures de sommeil recommandé pendant la semaine d'école et/ou pendant la fin de semaine (EQSJS) 

  • 13 ans ou moins :  
    entre 9 et 11 heures par nuit 

  • 14 à 17 ans :  
    entre 8 et 10 heures par nuit  

  • 18 ans ou plus :  
    entre 7 et 9 heures par nuit 

Au collégial

Au collégial, les personnes étudiantes qui rapportent un niveau élevé de fatigue en contexte scolaire sont plus susceptibles de se sentir démotivées envers leurs études (8). La fatigue nuit à la concentration, à l’engagement et à la persévérance. 

À l'université

À l’université, l’Enquête Sous ta façade (9) montre que la satisfaction à l’égard de la qualité du sommeil agit comme un facteur de protection contre : 

  • L’épuisement émotionnel; 

  • Les symptômes dépressifs; 

  • La détresse psychologique. 

Écrans et sommeil : un équilibre à trouver  

Les habitudes liées aux écrans constituent aujourd’hui l’un des principaux déterminants modifiables du sommeil chez les jeunes (10)Le temps d’écran, surtout en soirée, est un facteur clé de la qualité et de la durée du sommeil chez les jeunes (10)

Les données montrent que : 

  • L’utilisation d’écrans en soirée est associée à un endormissement retardé; 

  • L’exposition à la lumière bleue nuit à la sécrétion de mélatonine, essentielle à l’endormissement; 

  • Les activités numériques stimulantes augmentent l’activation cognitive et émotionnelle, rendant le sommeil plus difficile; 

  • Un sommeil écourté ou fragmenté est lié à une fatigue diurne accrue, des difficultés d’attention et une moins bonne régulation émotionnelle.  

Ces effets sont observés dès le primaire, mais s’accentuent à l’adolescence, période où les besoins de sommeil demeurent élevés alors que les heures de coucher tendent à se décaler. 

Favoriser des routines sans écran avant le coucher, encourager des horaires de sommeil réguliers et sensibiliser les jeunes (et leurs parents) aux effets des écrans constituent des leviers concrets pour soutenir la réussite éducative. 

Ce qu'il faut retenir

Le sommeil est un déterminant essentiel de la réussite éducative. Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité affecte l’attention, la mémoire, l’humeur et la motivation, augmentant ainsi le risque de décrochage scolaire.

Dans un contexte où près d’un jeune sur deux en Montérégie ne dort pas suffisamment durant la semaine d’école, agir sur les habitudes de sommeil — notamment l’utilisation des écrans — représente une piste d’intervention prioritaire pour soutenir le bien-être, l’engagement et la persévérance des jeunes.

Sources

1. NéoUQTR. (2024, 28 mars). Le sommeil n’est pas qu’une question de nuit : comprendre la sieste chez les enfants de 2,5 à 6 ans. Consulté le 15 octobre 2025.

 

2. Michaud, F., La relation entre le sommeil, la motivation scolaire et la performance scolaire chez les adolescents. Essai doctoral présenté comme exigence partielle du doctorat en psychologie, Université du Québec à Montréal, juillet 2013. 

3. Short, M. A., Gradisar, M., Lack, L. C., & Wright, H. R. (2013). The impact of sleep on adolescent depressed mood, alertness and academic performance. Journal of Adolescence, 36(6), 1025–1033. 

4. Stroebele, N., McNally, J., Plog, A., Siegfried, S., & Hill, J. O. (2013). The association of self-reported sleep, weight status, and academic performance in fifth-grade students. Journal of School Health, 83(2), 77–84.  

5. Laberge, L., Thivierge, J., Auclair, J., Dumoulin, C., Murray, N., Joyal, I., Blackburn, K., Bouchard, J., & Gallais, B. (2018). Effets des stages en soirée sur l’apprentissage d’étudiantes en soins infirmiers et recommandations pédagogiques. ÉCOBES – Recherche et transfert, Cégep de Jonquière. 

6. Hershner, S. D., & Chervin, R. D. (2014). Causes and consequences of sleepiness among college students. Nature and Science of Sleep, 6, 73–84. 

7. Shochat, T., Tavor, A., Tsur, A., & Steinberg, D. M. (2023). Associations between sleep and academic performance in US adolescents: a systematic review and meta-analysis. Sleep Medicine Reviews, 67, 101731.  

8. Gaudreault, M. M., Richard, É., Charron, M., Tardif, S., Gallais, B., & Gaudreault, M. (2024). Enquête sur la réussite à l’enseignement collégial. ÉCOBES – Recherche et transfert; CRISPESH; IRIPII. 

9. Union étudiante du Québec. (2019). Enquête « Sous ta façade » : Enquête panquébécoise sur la santé psychologique étudiante – Automne 2018. Adoptée le 9 novembre 2019. 

10. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). (2023). Un modèle logique pour comprendre les usages des écrans et leurs effets sur la santé des populations. Québec, QC : INSPQ. 

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