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Santé mentale et troubles mentaux

Leurs influences sur la persévérance scolaire et la réussite éducative

La santé mentale des jeunes est un enjeu majeur de bien-être, de persévérance scolaire et de réussite éducative. Les constats récents montrent que plusieurs indicateurs liés à la santé psychologique des enfants, des adolescentes et adolescents et des jeunes adultes demeurent préoccupants. 

Santé mentale positive

Santé mentale positive 

 « …être dans état de bien-être qui nous permet de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever des défis auxquels nous sommes confrontés. » (1) 

Investir tôt en santé et en éducation génère des retombées durables, tant pour l’individu que pour la société. 

Les six premières années de vie sont déterminantes pour le développement global et la santé mentale tout au long de la vie (3).

Les enfants présentant un sentiment de bien-être élevé sont généralement plus disposés à apprendre et à assimiler efficacement l’information (4). À l’inverse, les enfants vivant des perturbations émotionnelles persistantes ou présentant une santé mentale fragilisée éprouvent davantage de difficultés scolaires et relationnelles, ce qui peut limiter leur capacité à atteindre leur plein potentiel (5).

Niveau de santé mentale positive selon le genre, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

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Comme démontré dans ce graphique, la santé mentale positive présente trois niveaux (2) : 

  1. Florissante - le niveau le plus élevé; 

  2. Modérément bonne; 

  3. Languissante - le niveau le plus bas. 

Selon les données de L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), en Montérégie, entre

2016-2017 et 2022-2023, on observe une baisse marquée de la santé mentale positive florissante chez les élèves du secondaire, passant de 49,5 % à 36,3 % (-13,2 points). Cette diminution est particulièrement importante chez les filles, où la proportion chute de 43,7 % à 28,0 % (-15,7 points).

Parmi les jeunes ayant une santé mentale positive florissante, seulement 11,3 % sont à risque de décrochage élevé (13,0 % des garçons et 8,4 % des filles). Cette proportion augmente considérablement chez les jeunes ayant une santé mentale languissante, où 31,7 % sont à risque de décrochage élevé (32,5 % des garçons et 31,3 % des filles).  

Détresse psychologique

Détresse psychologique

Ensemble de symptômes cognitifs, émotionnels et somatiques qui sont généralement passagers, mais qui peuvent être intenses et entraîner des répercussions dans différents domaines (6)

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La détresse psychologique se manifeste par l’accumulation d’émotions négatives (telle la nervosité, la solitude, la tristesse, le découragement et la colère) qui, lorsqu’elles persistent, peuvent évoluer vers des symptômes d’anxiété ou de dépression (6). 

Niveau de détresse psychologique selon le genre, secondaire, Montérégie, 2022-2023 

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Selon les données de L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), entre 2010-2011 et 2022-2023, on observe une hausse importante du niveau élevé de détresse psychologique chez les élèves du secondaire en Montérégie, passant de 22,1 % à 42,2 % (+20,1 points). Cette progression est particulièrement marquée chez les filles, dont la proportion de détresse élevée augmente de 28,8 % à 60,6 % (+31,8 points), ce qui représente plus du double.

En 2022-2023, le niveau de détresse psychologique est fortement associé au risque élevé de décrochage, avec des écarts nettement marqués selon l’intensité de la détresse et selon le genre. Parmi les jeunes présentant un niveau élevé de détresse psychologique, 24,0 % sont à risque élevé de décrocher (30,5 % des garçons et 21,0 % des filles).  

Dépression et symptômes dépressifs

Dépression

« Une personne atteinte de dépression ressent les émotions négatives plus intensément et durant plus longtemps que la plupart des gens. Elle a plus de mal à maîtriser ses émotions et peut avoir l’impression que sa vie se limite à une souffrance constante. La personne atteinte a ainsi de la difficulté à remplir ses obligations professionnelles, familiales et sociales. » (7) 

Symptômes dépressifs psychologiques les plus fréquents :

  • Une grande tristesse; 

  • Une très importante perte d’intérêt pour les activités professionnelles, sociales et familiales; 

  • Un sentiment de culpabilité ou d’échec; 

  • Une diminution de l’estime de soi; 

  • De la difficulté à se concentrer sur une tâche; 

  • De la difficulté à prendre des décisions; 

  • Des pensées suicidaires. 

La recherche montre que les symptômes dépressifs affaiblissent la motivation scolaire, le sentiment de compétence personnelle et le rendement académique (8)

Selon une étude du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ) menée dans trois régions du Québec, la dépression était, en 2007, le facteur prédictif le plus important du décrochage scolaire (9)

En 2023, des chercheurs de l’Université de Montréal (UdeM) et de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ont montré que les adolescentes et adolescents vivant une dépression sont jusqu’à 10 fois plus à risque de décrocher (10)

La dépression serait l’un des principaux prédicteurs du décrochage scolaire. 

Dépression confirmée par un professionnel de la santé selon le genre, élèves du secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

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Selon les données de L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), la proportion d’élèves du secondaire ayant reçu un diagnostic de dépression par du personnel professionnel de la santé est en hausse en Montérégie depuis 2010-2011, passant de 5,6 % à 8,3 % en 2022-2023.  Cette augmentation est principalement attribuable aux filles, chez qui la prévalence a presque doublé au cours de la période, atteignant 12,0 % en 2022-2023.

Chez les garçons, la proportion demeure plus faible et relativement stable dans le temps, autour de 4 à 5 %. Ainsi, l’écart entre les genres s’est creusé au fil des ans, mettant en lumière des enjeux importants d’inégalités en santé mentale chez les élèves du secondaire. 

Troubles des conduites alimentaires

Troubles des conduites alimentaires

« Les troubles du comportement alimentaire sont des désordres complexes, principalement caractérisés par des habitudes alimentaires anormales, une crainte intense de prendre du poids et une grande préoccupation par rapport à l’image corporelle. » (11)

La rentrée scolaire, bien qu’elle puisse être stimulante, constitue pour plusieurs — et particulièrement pour les personnes vivant avec un trouble alimentaire — une période de forte anxiété où la pression de performance, le perfectionnisme et la peur du jugement peuvent exacerber les pensées négatives et déclencher des comportements alimentaires inadéquats servant à gérer des émotions difficiles. (12) 

Troubles alimentaires confirmés par un professionnel de la santé selon le genre,  
élèves du secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

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Selon les données de L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), la proportion d’élèves du secondaire ayant reçu un diagnostic de troubles alimentaires est en forte augmentation en Montérégie entre 2010-2011 et 2022-2023, passant de 1,7 % à 5,5 %. Cette hausse est largement portée par les filles, chez qui la prévalence a presque quadruplé au cours de la période, atteignant 9,8 % en 2022-2023, comparativement à 2,5 % en 2010-2011.

Chez les garçons, les proportions demeurent nettement plus faibles, bien qu’une légère augmentation soit observée depuis 2016-2017.  L’écart entre les genres s’accentue de façon marquée dans le temps, soulignant des enjeux importants et persistants en matière de santé mentale et de comportements alimentaires chez les adolescentes.

Stress, anxiété et trouble anxieux 

Le stress : une réponse physiologique naturelle 

Chaque personne ressent du stress. Le stress est une réponse physiologique naturelle face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante.

Lorsqu’une situation d’urgence survient, le cerveau mobilise des hormones du stress qui augmentent la vigilance, la fréquence cardiaque et la respiration, afin de permettre à l’individu de faire face à la situation ou de la fuir (13)

Chez les jeunes, le stress peut notamment se manifester lors de l’annonce d’un examen, d’une présentation orale, d’un changement d’école ou encore avant une performance sportive ou musicale. 

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Niveau d’hormones de stress et apprentissage 

Les travaux de Sonia Lupien montrent que les hormones du stress jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de la mémoire (14).

Un niveau optimal d’hormones de stress favorise l’apprentissage, tandis qu’un niveau d’hormones de stress trop élevé ou trop faible peut nuire à la capacité d’apprendre et de retenir de nouvelles informations.  

Lorsque le stress devient trop intense ou chronique, il peut affecter négativement les fonctions cognitives, l’attention et la mémoire, entraînant des difficultés de concentration et d’assimilation de l’information. Ce stress chronique peut alors nuire à la santé mentale et physique des jeunes et compromettre leurs performances scolaires (15).

Selon Sonia Lupien, le stress est particulièrement intense lorsque les situations impliquent : 

  • Une perte de Contrôle;  

  • De l'Imprévisibilité;

  • Une Nouvelle situation;  

  • Ou une menace à l’Égo.

Un ensemble de facteurs connus sous le nom de modèle C.I.N.É. (16) 

La charge émotionnelle d’un événement 

Les événements chargés émotionnellement sont plus faciles à mémoriser que les événements neutres, puisque la mémoire est fortement influencée par l’attention et l’importance accordées à une situation.

Ainsi, si une personne accorde beaucoup d’importance aux événements liés à la peur ou aux échecs, elle pourrait avoir tendance à se souvenir davantage de ces événements plutôt que des événements reliés au succès.  

C’est ce qu’on appelle la charge émotionnelle d’un événement. 

Du stress à l’anxiété

Lorsque le stress devient chronique, le cerveau sécrète de façon répétée des hormones de stress, ce qui altère sa capacité à distinguer les menaces réelles des menaces perçues.​ Le stress peut alors se transformer en anxiété (13)

Anxiété

L’anxiété est différente du stress, car elle se caractérise par une réponse à une menace vague, inconnue ou parfois imaginée. Elle se manifeste par une anticipation constante du danger, une hypervigilance et une inquiétude persistante. Contrairement au stress, l’anxiété est liée à l’anticipation d’une situation future.  

De l'anxiété au trouble anxieux

Les troubles anxieux peuvent entraîner des conséquences importantes sur la concentration, l’apprentissage, les relations sociales et la réussite scolaire (17). 

Trouble anxieux

Lorsqu’elle est vécue de façon répétée, l’anxiété peut évoluer vers un trouble anxieux, qui nuit au fonctionnement scolaire, social et personnel (13).

L’anxiété devient alors omniprésente et envahissante, pouvant mener à de l’évitement, une diminution de la concentration et, dans certains cas, à un sentiment de paralysie. 

Trouble anxieux confirmé par un professionnel de la santé selon le genre, élèves du secondaire, Montérégie, 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023

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Selon les données de L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), la proportion d’élèves du secondaire ayant reçu un diagnostic de trouble anxieux confirmé par du personnel professionnel de la santé est en forte hausse en Montérégie depuis 2010-2011, passant de 8,5 % à 21,2 % en 2022-2023. Cette augmentation est particulièrement marquée chez les filles, dont la prévalence a presque triplé, atteignant 31,2 % en 2022-2023, comparativement à 11,5 % en 2010-2011. 

Chez les garçons, bien que les proportions demeurent plus faibles, une hausse importante est observée entre 2010-2011 et 2016-2017, suivie d’une légère diminution en 2022-2023. L’écart entre les genres s’est ainsi accentué au fil du temps, mettant en évidence des enjeux majeurs et persistants en matière d’anxiété chez les élèves du secondaire. 

Présence d'au moins un diagnostic de trouble anxieux, de dépression ou de trouble des conduites alimentaires selon le genre, secondaire, Montérégie, 2016-2017 et 2022-2023

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Selon les données de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), entre 2016-2017 et 2022-2023, la présence d’au moins un diagnostic de trouble anxieux, de dépression ou de trouble des conduites alimentaires est en augmentation chez les élèves du secondaire en Montérégie, passant de 20,9 % à 25,0 % (+4,1 points). Cette progression touche particulièrement les filles, dont la proportion diagnostiquée augmente fortement, passant de 26,6 % à 35,0 % (+8,4 points). À l’inverse, la situation demeure stable chez les garçons (15,5 % → 15,0 %). 

Parmi les jeunes ayant au moins un diagnostic en 2022-2023, le risque élevé de décrochage touche 26,7 % de l’ensemble (32,8 % des garçons et 24,2 % des filles). Le portrait global révèle ainsi une double vulnérabilité, mais différenciée : une hausse marquée des diagnostics chez les filles, et un risque élevé de décrochage beaucoup plus marqué chez les garçons lorsqu’un diagnostic est présent.

Anxiété de performance

Anxiété de performance 

L’anxiété de performance peut apparaître dès l’enfance (18). Elle est liée à une peur excessive de l’échec, de l’erreur ou de ne pas répondre aux attentes, notamment en contexte d’évaluation ou de performance.

 

En diminuant la motivation et l’engagement scolaire, l’anxiété de performance peut contribuer au désengagement et au décrochage scolaire. 

Souvent associée au milieu scolaire, l’anxiété de performance peut également se manifester dans d’autres contextes, comme le sport ou la musique. 

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Elle peut être favorisée par plusieurs facteurs psychologiques (19), notamment : 

  • Un faible sentiment d’efficacité personnelle, soit une perception limitée de sa capacité à réussir une tâche; 

  • Une faible estime de soi liée à une perception négative de sa propre valeur; 

  • Des croyances erronées ou irrationnelles à propos de soi, des autres ou de l’avenir; 

  • Une prédisposition à l’anxiété ou au perfectionnisme. 

Les filles, les jeunes de 16 à 19 ans et les personnes perfectionnistes sont plus à risque de développer de l’anxiété de performance (20). Celle-ci peut entraîner des  conséquences importantes, telles que : 

  • Comportements compulsifs (surinvestissement scolaire, sportif ou autre activité); 

  • Troubles du sommeil; 

  • Dépression; 

  • Troubles alimentaires; 

  • Automutilation et idéations suicidaires. 

Au collégial, une étude montre que les personnes étudiantes présentant des difficultés liées à la santé physique ou aux habitudes de vie (manque de sommeil, d’activité physique ou tabagisme) sont plus à risque de rapporter une anxiété de performance élevée (21)

Ce qu'il faut retenir

La santé mentale est un déterminant central de la réussite éducative. Une santé mentale positive favorise l’apprentissage, l’engagement et la persévérance, tandis que la détresse psychologique, l’anxiété et la dépression augmentent significativement le risque de décrochage scolaire.

Intervenir tôt, réduire les sources de stress chronique et créer des environnements scolaires sécurisants et bienveillants sont des leviers essentiels pour soutenir le bien-être et le plein potentiel des jeunes. 

Sources

1. Agence de la santé publique du Canada. (2022). La santé mentale positive, une alliée pour la vie

2. Direction de santé publique de la Montérégie. (2025). Portrait des jeunes du secondaire de la Montérégie : Santé mentale chez les ados : une situation préoccupante. 

3. Commission de la santé mentale du Canada. (2025). Santé mentale à la petite enfance. 

4. Ministère de l’Éducation de l’Ontario. (2013). Vers un juste équilibre : Pour promouvoir la santé mentale et le bien-être des élèves. Guide du personnel scolaire, version provisoire. 

5. Meldrum, L., Venn, D., & Kutcher, S. (s. d.). Mental health in schools: How teachers have the power to make a difference. 

6. Camirand, H., & Nanhou, V. (2008). La détresse psychologique chez les Québécois. Série Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. Institut de la statistique du Québec. 

7. Gouvernement du Québec. (2025) Mieux comprendre les troubles mentaux – Dépression.  

8.  Quiroga, C., Janosz, M., Bisset, S., & Morin, A. (2013). Early adolescent depression symptoms and school dropout. Journal of Educational Psychology, 105(2), 552-560. 

9. Potvin, P., L. Fortin, D. Marcotte, É. Royer et R. Deslandes. 2007, Guide de prévention du décrochage scolaire, CTREQ, Québec.  

10. Quirog et al, (2023). Les sentiments dépressifs à l’adolescence : un facteur de risque différentiel du décrochage scolaire chez les filles et les garçons de milieu défavorisé. Revue de psychoéducation, 35(2), 277-300. 

11. Anorexie et boulimie Québec. (2025) Troubles alimentaires. 

12. Anorexie et boulimie Québec. (2025) Troubles alimentaires… et rentrée scolaire. 

13. Université de Sherbrooke. (2025). Démêler le stress et l’anxiété. Dossier sur l’anxiété de performance au travail. 

14. Centre d’études sur le stress humain. (2025). Hormones de stress et mémoire

15. Córdova, A., et al. (2023). Influence of Stress and Emotions in the Learning Process: The Example of COVID-19 on University Students: A Narrative Review. Healthcare, 11(12), 1787. 

16. Centre d’études sur le stress humain. (2025). Le stress

17. Kessler, R. C., et al. (2012). Twelve-month and lifetime prevalence and lifetime morbid risk of anxiety and mood disorders in the United States. International Journal of Methods in Psychiatric Research, 21(3), 169-184. 

18. Naître et grandir. (2025). L’anxiété de performance chez l’enfant. 

19. Université de Sherbrooke. (2025). Anxiété de performance

20. Tardif, C., & Houle, A. (2025). L’anxiété de performance. Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale. 

21. Gaudreault, M. M., et al. (2024). Enquête sur la réussite à l’enseignement collégial, à partir des données du SPEC 2 2022 Expérience étudiante, motivation, santé mentale et réussite à la deuxième session d’études. ÉCOBES – Recherche et transfert; CRISPESH; IRIPII. 

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