Comment vont les jeunes?
Début de la vie adulte
Les jeunes adultes développent leur autonomie, leur sens des responsabilités et se préparent à la vie adulte. Plusieurs jeunes quittent le foyer familial et s’éloignent de leur réseau social. Certains deviennent indépendants, en partie ou complètement. Cette période comporte plusieurs choix importants à faire, qui peuvent être excitants et stressants, et qui impacteront assurément leur futur.
Au cours de la dernière décennie, l’état de santé psychologique et le bien-être des jeunes adultes ont suscité une préoccupation croissante.
Bien que les données spécifiques à la Montérégie demeurent limitées, les constats issus d’enquêtes menées auprès des clientèles collégiale, universitaire et de la formation professionnelle au Québec révèlent des tendances claires : détresse psychologique en hausse, anxiété fréquente, fatigue généralisée et difficultés liées aux habitudes de vie.
Ces réalités, observées à l’échelle provinciale, demeurent pleinement pertinentes pour comprendre la situation vécue par les jeunes adultes de la région.

Développement du cerveau de 18 à 25 ans
Capacités accrues de raisonnement, de prise de décisions, de jugement et de contrôle des impulsions.
Des constats préoccupants de 2014 à 2024
Détresse psychologique en hausse, anxiété fréquente, fatigue généralisée et difficultés liées aux habitudes de vie.

En 2014...
Une étude réalisée en 2014 par des chercheurs du Collège de Bois-de-Boulogne et du Cégep de St-Jérôme démontrait que 11,9 % des 12 000 personnes étudiantes au niveau collégial interrogées avaient ressenti beaucoup ou énormément de détresse liée à l’intimidation.
En 2018...
En 2018, une enquête panquébécoise a été menée par l’Union étudiante du Québec (UEQ) auprès 23 881 personnes étudiantes universitaires. L’enquête révélait que 57 % de la population étudiante universitaire présentait des niveaux élevés de détresse psychologique.
De plus, 19 % des personnes étudiantes universitaires avaient des symptômes dépressifs suffisamment sévères pour nécessiter un soutien d’ordre médical ou psychologique.
En 2021...
Le Portrait des élèves en formation professionnelle le plus récent, publié par l’Observatoire de la formation professionnelle du Québec en juin 2021, présente les résultats issus d’un questionnaire rempli par 2 680 élèves de la formation professionnelle. 63,1 % des centres de formation professionnelle visités étaient situés en Estrie et en Montérégie, alors que 36,9 % étaient situés au Saguenay et au
Lac-Saint-Jean.
Ce portrait révèle que :
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36,1 % avaient un faible niveau d’estime de soi;
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57,1 % vivaient un peu, assez ou beaucoup d’anxiété ou de stress;
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71,1 % vivaient des problèmes de fatigue;
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28,5 % étaient à risque de détresse psychologique.

En 2022...
Parmi les jeunes du cégep :
L’Enquête sur la réussite à l’enseignement collégial, réalisée au Québec en 2022 par ÉCOBES*, le CRISPESH** et l’IRIPII***, en collaboration avec la Fédération des cégeps, démontrait que des proportions importantes de jeunes présentaient des problématiques liées à la santé, au bien-être et aux habitudes de vie depuis le début de l’année scolaire.
Parallèlement, l’Enquête indiquait également que seulement 9,9 % de la population étudiante avait utilisé les services de soutien psychologique depuis le début de l’année, 6,9 % les services aux jeunes en situation de handicap, et 3,6 % les services de santé.
Facteurs influançant grandement le nombre de signes de fatigue :
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La conciliation études et travail rémunéré;
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La fréquence à laquelle les travaux scolaires et les études sont effectués;
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Le nombre d’heures hebdomadaires consacrées à différentes activités (médias sociaux, clavardage, discussions téléphoniques ou en ligne ainsi que le temps de déplacement hebdomadaire);
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Les habitudes de sommeil.
81 %
avaient vécu du stress.
53 %
avaient vécu des problèmes liés aux habitudes de vie.
37 %
avaient éprouvé de la difficulté à se déconnecter d’Internet.
33 %
avaient vécu des difficultés relationnelles.
27 %
ne souhaitaient plus aller en classe à cause de la fatigue.
55 %
avaient vécu de l'anxiété de performance.
43 %
avaient vécu des troubles anxieux.
34 %
ressentaient souvent ou toujours un manque de concentration durant les cours.
29 %
avaient vécu une dépression.
*ÉCOBES : Le Centre d’Étude des COnditions de vie et des BESoins de la population.
**CRISPESH : Centre de recherche pour l’inclusion des personnes en situation de handicap.
***IRIPII : Institut de recherche sur l’immigration et sur les pratiques interculturelles et inclusives.

L’Enquête sur la santé psychologique des 12 à 25 ans menée en 2022 dans différentes régions du Québec (dont la Montérégie) confirme que la santé psychologique des jeunes de 12 à 25 ans s’est peu améliorée depuis 2021.
On y constate qu’à partir de l’âge de 16 ans, ce sont au moins 50 % des jeunes qui présentent des symptômes d’anxiété ou de dépression modérés à sévères. Cette tendance se stabilise à l’âge de
20-25 ans.
L’enquête fait état d’un jeune de 12-25 ans sur quatre ayant pensé qu’il serait mieux mort ou ayant pensé à se faire du mal au cours des deux semaines précédant l’Enquête. Ce fait est à la hausse au secondaire et au cégep.
Des constats préoccupants et des défis supplémentaires à l'égard de la santé mentale pour les jeunes ne s’identifiant ni comme une fille ni comme un garçon :
Perception de santé mentale passable ou mauvaise

Les jeunes ayant une autre identité de genre présentent les proportions les plus élevées de santé mentale passable ou mauvaise, et cette proportion est encore plus élevée au cégep et à l’université.
Symptômes d’anxiété ou de dépression modérés à sévères

Les jeunes ayant une autre identité de genre présentent les proportions les plus élevées de symptômes d’anxiété ou de dépression modérés à sévères, avec des proportions particulièrement élevées au cégep et à l’université.

En 2024...
Les constats suivants proviennent de l’Enquête sur la santé mentale étudiante, réalisée à l’automne 2024 dans plus de 70 établissements collégiaux et universitaires du Québec, auprès de 32 212 personnes étudiantes. Ils mettent en lumière les enjeux les plus actuels auxquels ces jeunes font face. Lorsque ce n’est pas précisé, les données ci-dessous concernent les jeunes des deux niveaux, collégial et universitaire.
88,7 %
disent avoir un niveau de santé mentale « modérée » ou « florissante ».
Pourtant, environ
4 personnes étudiantes sur 10
présentent des symptômes d’anxiété modérés à sévères, autant pendant la COVID-19 qu’en 2024.
Une santé mentale généralement positive coexiste avec des niveaux d’anxiété encore très élevés.
66,2 %
présentent une prévalence élevée d’anxiété.
71,1 %
présentent une prévalence élevée de dépression.
Une vulnérabilité majeure qui ressort fortement dans l’enquête.
59,9 %
présentent une prévalence élevée de symptômes dépressifs.
53,7 %
présentent une prévalence élevée de symptômes d’anxiété.
Un enjeu important pour l’équité et l’inclusion sur les campus.
58,2 %
vivent des difficultés de sommeil affectant leur fonctionnement.
29,4 %
ont un niveau d’activité physique faible.
Deux facteurs clés souvent liés à un risque accru d’anxiété et de dépression.
56,5 %
ont demandé de l’aide lorsque le besoin s’est fait sentir.
43,5 %
n’ont pas demandé d’aide malgré leurs difficultés.
Ces chiffres démontrent un besoin clair d’améliorer l’accès et la visibilité des services.
Au cégep
41,5 %
présentent des symptômes d’anxiété modérés à sévères.
44,9 %
présentent des symptômes dépressifs modérés à sévères.
À l'université
39,0 %
présentent des symptômes d’anxiété modérés à sévères.
40,2 %
présentent des symptômes dépressifs modérés à sévères.
Des proportions très au-dessus de celles observées dans la population générale.
62,4 %
présentent une prévalence élevée de symptômes d’anxiété.
71,5 %
présentent une prévalence élevée de symptômes dépressifs.
Le groupe le plus à risque de détresse psychologique.
61,9 %
des personnes étudiantes vivant un stress financier présentent de l’anxiété.
66,9% %
des personnes étudiantes vivant un stress financier présentent des symptômes dépressifs.
Le stress financier est un déterminant majeur de la santé mentale.
83 % à 92 %
perçoivent leurs relations sur le campus comme harmonieuses (92 %), satisfaisantes (83 %) et valorisantes (83 %).
58,2 %
considèrent avoir un sentiment d’appartenance « fort » ou « plus ou moins fort » à leur établissement d’enseignement.
Les relations sociales demeurent un levier puissant pour la santé mentale étudiante.