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Comment vont les jeunes?

Enfance

Entre 6 et 12 ans, l’enfant développe son sens des responsabilités et gagne progressivement en autonomie. Il construit son estime de soi, apprend à résoudre des conflits, crée de nouvelles amitiés et acquiert des habitudes qui influenceront durablement sa santé et son bien-être. C’est aussi une période marquée par l’entrée à l’école, les devoirs, les apprentissages structurés et l’élargissement du cercle social. 

Le CHU Sainte-Justine souligne que les comportements adoptés à cet âge – alimentation, activité physique, gestion du stress, habitudes de sommeil – ont de fortes probabilités de se maintenir au fil du temps. Soutenir les enfants dans cette période, c’est donc agir sur leur santé présente… et future. 

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Le cerveau en pleine maturation

 

Le cerveau continue de se développer intensivement durant l’enfance. Les régions responsables de l’attention sélective, de la mémoire de travail, de la pensée logique, de la résolution de problèmes et des habiletés sociales connaissent d’importantes transformations.

L'environnement, un facteur déterminant

Naître et grandir, une référence en termes de développement des enfants, citent plusieurs études associant un niveau de stress élevé à un développement moins optimal du cortex préfrontal, une zone centrale pour les apprentissages. 

Comme chez les tout-petits, l’environnement dans lequel évoluent les enfants joue un rôle clé :

  • Un climat stable, sécurisant et prévisible protège leur cerveau en développement;

  • À l’inverse, des facteurs comme un déménagement, une maladie, un décès ou des événements d’actualité difficiles peuvent générer du stress et freiner leur développement.

Signes de stress chronique chez l'enfant

(Naitre et grandir)

 

  • Hypervigilance, sursauts 

  • Apparition de nouvelles peurs 

  • Inquiétudes excessives, questions répétées 

  • Troubles du sommeil, cauchemars, insomnie 

  • Changements d’humeur inexplicables 

  • Irritabilité, agressivité 

  • Maux de tête, de ventre ou de cœur (somatisations) 

  • Régressions, dépendance accrue au parent, difficultés de séparation 

Même si la santé et le bien-être des jeunes sont généralement bien documentés, les données provinciales ou régionales portant spécifiquement sur la santé des enfants de 6 à 12 ans sont moins nombreuses. Toutefois, plusieurs travaux pertinents permettent d’éclairer cette réalité. 

Les effets de la pandémie sur le développement des enfants de 2 à 12 ans

En 2021, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié une synthèse des impacts de la pandémie sur le développement des enfants de 2 à 12 ans. Les études recensées indiquent : 

  • Des difficultés d’autorégulation et d’adaptation;

  • Des comportements de régression;

  • Une augmentation des problèmes de comportements internalisés et externalisés.

Ce sont des difficultés tournées vers l’intérieur. L’enfant ne dérange pas nécessairement autour de lui, mais vit un malaise important, notamment :

  • Anxiété;

  • Tristesse, retrait, isolement social;

  • Peur excessive;

  • Faible estime de soi; 

  • Symptômes physiques liés au stress (maux de ventre, maux de tête).

Ce sont souvent des signaux plus silencieux et plus difficiles à repérer. 

Comportements internalisés 

Internalisés = l’enfant garde le malaise en lui → anxiété, retrait, tristesse. 

Ce sont des comportements tournés vers l’extérieur, visibles pour l’entourage, notamment : 

  • Irritabilité, colère;

  • Impulsivité;

  • Opposition, crises, agressivité;

  • Difficultés à suivre les consignes; 

  • Agitation importante;

  • Conflits avec les pairs. 

Ils attirent plus facilement l’attention parce qu’ils perturbent le milieu. 

Comportements externalisés 

Externalisés = le malaise s’exprime vers l’extérieur → opposition, agitation, agressivité. 

Santé mentale
Une évolution contrastée entre 2019 et 2023

Une étude longitudinale canadienne portant sur les enfants et jeunes de 5 à 17 ans montre que : 

  • En 2023, 53 % des parents de garçons et 51 % des parents de filles rapportent une amélioration de la santé mentale de leur enfant depuis 2019;

  • Cependant, une dégradation (passable ou mauvaise) est rapportée par 7 % des parents de filles et 5 % des parents de garçons. 

Il est important de rappeler que : 

  • La pandémie et les mesures sanitaires ont pu avoir des effets au début de la période; 

  • Les parents ont souvent tendance à évaluer la santé mentale de leur enfant plus positivement que les jeunes eux-mêmes. 

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L'anxiété : un enjeu qui s'enracine tôt

Dans un article portant sur les Programmes préventifs en milieu scolaire auprès des enfants et des adolescents présentant de l’anxiété, publié en 2015 par deux chercheuses de l’Université de Montréal, on rapporte que les enfants anxieux ont :

  • Trois fois plus de risques de rencontrer des difficultés en lecture; 

  • Un risque accru de décrochage à l’adolescence; 

  • Une vulnérabilité plus élevée aux dépendances (alcool, tabac, drogues); 

  • Un risque accru de dépression et d’idées suicidaires. 

Niveau de détresse psychologique selon le genre,  secondaire, Montérégie, EQSJS 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 

Or, selon l’Enquête québécoise sur les jeunes du secondaire (EQSJS) 2022-2023, on constate une hausse importante du niveau élevé de détresse psychologique (dépression, anxiété, irritabilité, problèmes cognitifs) chez les jeunes du secondaire (+20 points de pourcentage) entre 2010-2011 et 2022-2023, surtout chez les filles (+31,8 points de pourcentage). 

Ces données mettent en lumière l’importance d’identifier les enfants à risque et de les soutenir dès le primaire.

Comportements violents en milieu scolaire

Au Québec, un rapport de l’Équipe de recherche sur la sécurité et la violence dans les écoles québécoises (SÉVEQ) de 2020 présente les résultats d’une recherche sur diverses variables liées à la violence dans les écoles québécoises.

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Les données présentées dans ce rapport (voir graphique ci-dessous) nous permettent d’observer que : 

  • Les comportements liés à la consommation de drogues et d’alcool sont observés par moins de 5 % des élèves;

  • Les interactions plus agressives ou irrespectueuses entre élèves (bagarres, impolitesse, imposition de règles, conflits basés sur l’ethnicité) sont les principaux enjeux à gérer au quotidien; 

  • L’école primaire semble être un milieu où les tensions existent, mais où les risques majeurs sont plus rares et où les enjeux sont surtout sociaux et relationnels.

% d’élèves ayant observé des comportements d'agression

ou à risque,  primaire, Québec, SÉVEQ 2020 

Portrait de santé

Les plus récentes données de Statistique Canada, basées sur la perception des parents concernant la santé de leur(s) enfant(s), dressent un portrait globalement positif et relativement stable de la santé des enfants québécois de 5 à 11 ans entre 2019 et 2023, tout en faisant ressortir quelques tendances à surveiller (voir graphique ci-dessous). 

Santé des jeunes perçue par les parents

Très bonne/excellente santé physique

2019

90,4 %

2023

89,7 %

Très bonne/excellente santé mentale

85,5 %

83,5 %

Statistiques d’indicateurs de la santé pour les enfants âgés de 5 à 11 ans (sauf exceptions identifiées), déclarés par les parents, Québec, Statistique Canada 2019, 2023 

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Soutenir les enfants, un investissement pour l'avenir

La période de 6 à 12 ans constitue un moment déterminant pour le développement social, cognitif, émotionnel et scolaire. Les expériences vécues à cet âge – positives ou non – influencent durablement la suite du parcours.

Investir dans la santé mentale, la prévention du stress, la réduction des inégalités et la création de milieux de vie sécurisants, c’est soutenir non seulement les enfants d’aujourd’hui, mais les adolescentes et adolescents, les adultes et les citoyennes et citoyens de demain. 

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